Voici un excellent article de Remi Susan, « Apprendre, c’est marcher ! » qui réjouira les marcheurs d’un jour ou encore les randonneurs au long cours : les marcheurs sont plus inventif. En effet, selon une étude, le nombre de réponses inventives par une personne qui marche, serait supérieur de 80 % à 100 % par rapport à une personne assise. Allons ! Marchons !
Extrait de l’article de Rémi SUSSAN d’InternetActu.net
SOURCE : http://internetactu.blog.lemonde.fr
Apprendre, c’est marcher !
[…] L’exercice qui semble avoir le plus d’impact sur nos capacités cognitives est aussi le plus simple, puisqu’il s’agit de la marche. Barbara Oakley, […] ne manque pas de le souligner :
« Un chimiste remarquablement inventif du milieu du XIXe siècle, Alexander Williamson, a observé qu’une promenade solitaire valait une semaine dans le laboratoire pour l’aider à faire progresser son travail… Marcher stimule la créativité dans beaucoup de domaines : ainsi nombre d’écrivains célèbres, tels Jane Austen, Carl Sandburg et Charles Dickens, ont trouvé l’inspiration au cours de leurs fréquentes et longues promenades. »
De récents travaux donnent raison à Williamson et à Dickens. La marche accroît les capacités cognitives. Par exemple, une recherche effectuée par une équipe interuniversitaire espagnole tend à montrer que les adolescentes qui se rendent à l’école à pied ont de meilleures capacités cognitives (mesurées à l’aide d’un test standard) que celles qui rejoignent leur établissement en bus ou en voiture. Et les jeunes femmes qui marchent plus de 15 minutes s’en tirent mieux que celles qui parcourent une distance inférieure. Pourquoi des filles et pas des garçons ? Après tout, le communiqué nous informe que la recherche a été effectuée sur 808 garçons et 892 filles. L’étude originale n’est malheureusement pas disponible, mais on tient sans doute un élément de réponse dans ce passage qui note que, pendant l’adolescence, « la plasticité du cerveau est supérieure à tout autre moment de la vie, ce qui rend la période propice pour stimuler la fonction cognitive ». Cependant, continue l’article, l’adolescence est la période qui voit la plus forte baisse de l’activité physique, et elle est plus sensible chez les filles. Autrement dit, on peut en déduire que l’étude s’intéresse surtout à ces dernières parce qu’elles se dépensent moins que les garçons pendant cette phase de leur vie.
Marcher, c’est créer
Pourquoi la marche possède-t-elle cet effet ? La première hypothèse serait qu’elle favorise ce mode diffus dont nous parlait Barbara Oakley, et permettrait ainsi à l’inconscient de dégager des solutions créatives. Cependant, il semble que les bénéfices de la marche ne soient pas simplement dus au fait de « changer d’air » ou de s’aérer l’esprit, mais que l’acte de marcher agisse directement sur le cerveau, du moins si l’on en croit une expérience menée à Stanford et rapportée par le blog Machines Like Us.
L’étude concernait la créativité. Pour mesurer celle-ci, on recourt à un exercice maintenant classique : il s’agit de trouver un maximum d’usages inédits pour un objet usuel (savoir si ce type de créativité présente le moindre rapport avec la rédaction du Bateau ivre est une question que nous n’aborderons pas aujourd’hui).
Comme toujours dans les expériences psychologiques, on a divisé les sujets en deux groupes. En cette circonstance, l’un restait immobile tandis que l’autre marchait. Le nombre de réponses inventives trouvées par le groupe de marcheurs s’est avéré supérieur de 80 % à 100 % à celui qu’obtenaient les personnes assises. Mais cela ne s’arrête pas là. Les chercheurs ont refait l’expérience, mais cette fois les marcheurs restaient à l’intérieur, sur un tapis de course, tandis que les « immobiles » pouvaient se balader dehors, mais en chaise roulante. Résultat, les marcheurs se sont révélé une fois encore les plus créatifs. […]