Le discernement est notre capacité à mieux percevoir et comprendre les situations et les personnes. Cette faculté de conscience s’opère en réunissant la réflexion du « discernement cognitif » et le ressenti du « discernement sensible ». Dans la philosophie bouddhiste, la qualité du discernement a toujours été au cœur de ses enseignements mais que l’on retrouve aussi dans de nombreuse autres religions ou approches philosophiques. Voici une définition simple de ce « principe » essentiel en mesure de nous permettre de percevoir une autre forme de notre réalité.
Le discernement est cette capacité à identifier et à distinguer par la réflexion et par le ressenti :
- Le vrai – du faux (déformé, incomplet, mensonger)
- Le juste – de l’injuste
- Ce qui est permis – de l’interdit (conscience des limites)
- L’objectif (les intentions, les actes, les faits) – du subjectif (les opinions, les croyances, les hypothèses, les préjugés)
- Le bien – du mal, et plus précisément, ce qui pourrait causer du mal à terme, alors que cela semble faire du bien maintenant (des mots violents, exclusions, addictions, etc.) ce qui est sujet à la manipulation, démagogique de ce qui est présenté comme anodin, sans arrière-but et plus généralement, qui seront les conséquences à long-terme de ce qui semble être alors sans réelles conséquences sur le moment.
Discerner, c’est voir plus que ce ne voient les yeux, c’est entendre plus que ne disent les paroles, c’est sentir plus que ce que nos cinq sens captent. C’est entrevoir ce qui est encore voilé, c’est percevoir des conséquences futures possibles.
Le discernement est comme une lanterne dans le brouillard, il permet d’éclairer ce qui semble encore peu visible dans les intentions, les faits, les gestes, les ressentis, perceptions et influences autour de nous.
Le discernement sensible permet de voir avec le coeur ce qui ne se voit pas avec le discernement cognitif. Il permet d’observer et d’être attentif à ce que les uns ressentent et pensent, souvent peu apparent à première vue.
On ne voit bien qu’avec le coeur, l’essentiel est invisible pour les yeux »
Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, 1943.
SOURCE : www.grainesdepaix.org